Prendre la route en toute sécurité
Qu’il s’agisse de bouteilles de gaz, de poutres métalliques ou de pièces de rechange pour un tracteur, les entreprises de technique agricole et de construction métallique transportent fréquemment du matériel parfois lourd. Il arrive souvent qu’une personne s’en charge « en passant », et donc sans formation spécifique de chauffeur. Voilà précisément pourquoi il est important de bien utiliser les véhicules et d’arrimer correctement le chargement, sous peine de conséquences dangereuses et coûteuses.
Le transport, une activité loin d’être secondaire
Les accidents surviennent non seulement sur les chantiers, mais aussi durant les trajets. Un moteur mal arrimé, une palette qui glisse ou une bouteille de gaz renversée suffisent à blesser des personnes ou à causer des dommages importants. La règle est ici la suivante : la responsabilité incombe à l’entreprise et, en fin de compte, au chauffeur. Quelques règles de base simples permettent de réduire considérablement le risque.
Le bon véhicule
Tous les véhicules ne conviennent pas à tous les chargements. Un véhicule de livraison n’est pas une remorque surbaissée, et un chariot élévateur n’est pas un véhicule de transport.
Le véhicule de transport doit être adapté au poids et aux dimensions du chargement. La charge utile, les charges par essieu, la largeur du véhicule ainsi que les porte-à-faux avant et arrière ne doivent pas être dépassés. Il vaut la peine de procéder à un deuxième contrôle, en particulier pour les pièces longues ou lourdes.
La surface de chargement elle-même doit également être en ordre. Le contrôle et, si nécessaire, la remise en état des parois latérales, des ridelles et des points d’arrimage font partie de la maintenance. Un élément rouillé, tordu ou lâche ne peut plus remplir sa fonction de sécurité.
Avant chaque trajet, le chauffeur contrôle le véhicule : pneus, éclairage, vitres, neige ou verglas sur la surface de chargement ? Cela prend deux minutes, mais permet d’éviter un accident.
Sécuriser le chargement – ne pas simplement espérer
Tout ce qui se trouve sur la surface de chargement doit être sécurisé de sorte à y rester pendant le trajet, même en cas de freinage complet ! Le mieux est de placer le chargement le plus près possible de la paroi avant ou des parois latérales. Si cela n’est pas réalisable en raison des charges par essieu ou de la forme du matériel, il est possible de créer un lien approprié avec la paroi avant à l’aide d’une palette.
Important : les sangles, filets et autres moyens auxiliaires doivent faire l’objet d’un contrôle au moins une fois par an par un spécialiste, et ce contrôle doit être documenté. Il faut jeter les sangles défectueuses, effilées ou déchirées à la poubelle et non sur la surface de chargement. Les éléments à arêtes vives tels que les tôles, les profilés ou les pièces de machines nécessitent une protection appropriée de leurs arêtes. Dans le cas contraire, ils peuvent rapidement endommager les sangles. Les tapis antidérapants aident à réduire le glissement du chargement, mais ils ne suffisent pas pour un arrimage complet. Les petits éléments peuvent facilement être sécurisés à l’aide de filets. Ceux-ci doivent également être contrôlés et correctement tendus. Tout ce qui n’est pas fixe peut bouger pendant le trajet. Il faut transporter les copeaux, la terre ou les liquides de sorte que rien ne puisse tomber ou s’écouler. Il est nécessaire de retirer les résidus de la surface de chargement avant le trajet.
Autre point important : un chargement doit également être arrimé dans un fourgon. Ce n’est pas parce que les portières sont fermées que tout reste en place en cas de freinage complet.
Transport de marchandises dangereuses
De nombreuses entreprises transportent régulièrement des marchandises dangereuses : gaz de protection pour le soudage, carburants pour le dépannage de véhicules, équipements et appareils avec accumulateurs lithium-ion ou produits chimiques pour le chantier. En Suisse, les prescriptions de l’ADR s’appliquent, avec une simplification importante pour les artisans.
Chaque marchandise dangereuse appartient à une catégorie de transport. Les points sont calculés à partir de la quantité et de la catégorie, par exemple :
- 10 litres d’essence × facteur 3 = 30 points
- 20 litres de diesel × facteur 1 = 20 points
- 8 kg d’acétylène × facteur 3 = 24 points
Des prescriptions simplifiées s’appliquent tant que le transport ne sert qu’à son propre travail et que la somme de 1000 points n’est pas dépassée. Conséquences notables :
- pas de panneaux d’avertissement orange sur le véhicule
- pas d’aide-mémoire en cas d’accident ni de documents de transport écrits
- pas de certificat ADR pour le chauffeur
- pas d’immatriculation ou d’équipement spécifique du véhicule
Important : un maximum de 450 litres est autorisé par unité d’emballage (attention pour les conteneurs IBC) et dans tous les cas, il faut s’assurer que rien ne puisse s’écouler dans des conditions de transport normales.
Cet allègement ne s’applique pas aux trajets internes d’élimination ou de redistribution de marchandises dangereuses au sein de l’entreprise.
La formation pour éviter les erreurs
Les chauffeurs professionnels doivent suivre régulièrement des cours OACP. Il n’y a certes pas d’obligation légale pour les autres membres du personnel, mais une formation est fortement recommandée. Savoir arrimer un chargement ou transporter correctement des marchandises dangereuses permet de travailler de manière plus sûre et plus efficace.
La formation peut être dispensée en interne par un spécialiste dûment formé ou en externe par des prestataires spécialisés. Dans les deux cas, il est important que la formation soit documentée.
Informations complémentaires :
www.astag.ch (transports accessoires)
www.astag.ch (Charger correctement)